1 – LA DISCIPLINE

 

1 – LA DISCIPLINE

En quoi consiste la discipline ?

La Patisambhida répond :

 - En discipline des intentions, discipline psychique, discipline par le contrôle et discipline par absence de transgression.

Il se contrôle, il se contrôle pleinement, grâce au code libérateur. (Patimokkha)

Il protège la faculté oculaire, il entreprend de contrôler la faculté oculaire.

« La vigilance, Ajita, fait obstacle aux torrents du monde.

J’exhorte au contrôle de ces courants, la sagacité peut les endiguer. »

Il supporte patiemment le froid et le chaud.

Il ne laisse pas s’installer une pensée sensorielle qui apparaît.

 

Que signifie le mot silam (discipline) ?

 - recueillement.

 

Comment se caractérise la discipline ?

 - La discipline, aussi variée soit-elle, se caractérise toujours par un comportement discipliné de même que tous les aspects visibles se caractérisent par leur visibilité.

La discipline ainsi caractérisée a pour fonction d’empêcher les mauvais comportements et pour effet d’écarter les reproches.

Elle se manifeste comme pureté, et les savants précisent que la discipline prend appui sur le respect humain et la retenue.

Quels avantages procure la discipline ?

 - « Les disciplines bénéfiques ont l’absence de remords pour but, Ânanda, l’absence de remords pour avantage. »

L’homme discipliné, maîtres de maison, retire cinq avantages d’une discipline parfaite.

Lesquels ?

L’homme discipliné qui perfectionne sa discipline acquiert quantité de biens parce qu’il est attentif.

Tel est le premier avantage que l’homme discipliné retire d’une discipline parfaite.

De plus, maîtres de maison, l’homme discipliné qui perfectionne sa discipline acquiert une flatteuse réputation.

Tel est le deuxième avantage que l’homme discipliné retire d’une discipline parfaite.

De plus, maîtres de maison, quelle que soit l’assemblée à laquelle il se joint – assemblée de nobles, de brahmanes, maîtres de maison ou d’ascètes -, l’homme discipliné qui perfectionne sa discipline s’y joint avec assurance, sans appréhension.

Tel est le troisième avantage que l’homme discipliné retire d’une discipline parfaite.

De plus, maîtres de maison, l’homme discipliné qui perfectionne sa discipline meurt sans confusion.

Tel est le quatrième avantage que l’homme discipliné retire d’une discipline parfaite.

De plus, maîtres de maison, après la mort par destruction du corps, l’homme discipliné qui perfectionne sa discipline naît dans une bonne destinée.

Tel est le cinquième avantage que l’homme discipliné retire d’une discipline parfaite.

Si le moine veut être aimé et agréable à ses compagnons dans la vie sainte, moines, respecté et estimé, qu’il parachève les disciplines.

Et enfin :

 - Les fils de la famille ne peuvent se fixer dans l’enseignement sans cette discipline.

Qui pourrait dire jusqu’où vont ses avantages ?

Le Gange ni la Yamuna, la Sarabhu ni la Sarasvatî, l’Aciravati courante ni le grand flot de la Mahi ne purifient les êtres de leurs souillures ;

Il n’y a que l’eau de la discipline qui puisse effacer leurs taches.

Les vents de pluie ni le santal jaune, les joyaux sur le corps ni le doux rayonnement de la lune n’apaisent la fièvre des êtres ;

Il n’y a que la discipline immaculée, bien préservée, toute fraîche, qui puisse la faire tomber.

Où trouver une fragrance pareille au parfum de la discipline qui souffle contre le vent aussi bien qu’avec lui ?

Où un tel escalier s’élevant jusqu’aux cieux ?

Où une porte semblable ouvrant sur la cité du Dénouement ?

Nul roi couvert de perles et de bijoux ne rayonne autant que les ascètes parés des ornements de la discipline.

La discipline détruit toute crainte de remords et procure constamment honneur et joie à l’homme discipliné.

Elle constitue la racine des qualités et détruit la force des défauts, tels sont en bref ses avantages.

 

Combien y a-t-il de disciplines ?

Selon la Patisambhida, il y a cinq disciplines :

 - La discipline de pureté limitée, la discipline de pureté illimitée, la discipline de pureté achevée, la discipline de pureté inviolée et la discipline de pureté apaisée.

 

Au début, il purifie totalement l’activité physique, l’activité verbale et le mode de subsistance.

Le moine ne peut parachever les bases de la vie sainte sans parfaire la conduite excellente.

En suivant cette discipline, je deviendrai un dieu majeur ou mineur.

La pureté s’acquiert au moyen de la discipline.

 

Par quoi la discipline est-elle limitée ?

 - Il y a la discipline que limite le gain, celle que limite la renommée, celle que limitent les proches, celle que limitent les membres et celle que limite la vie.

Comment le gain peut-il limiter la discipline ?

 - Pour gagner quelque chose, à cause d’un gain, en vue d’un gain, le moine transgresse un point de l’entraînement qu’il avait décidé de suivre.

Voilà comment le gain peut limiter la discipline.

 

Réponse sur l’absence de limite.

 - Quand la discipline n’est-elle pas limitée par le gain ?

Quand l’homme n’a aucune intention de transgresser un point de l’entraînement qu’il a décidé de suivre – transgression qu’il commettrait pour gagner quelque chose, à cause d’un gain ou en vue d’un gain – que peut-il transgresser ?

Dans ce cas, la discipline n’est pas limitée par le gain.

 

L’éducation a pour but le contrôle, le contrôle a pour but l’absence de remords, l’absence de remords a pour but la joie, la joie a pour but le ravissement, le ravissement a pour but la tranquillité, la tranquillité a pour but la félicité, la félicité a pour but la concentration, la concentration a pour but la connaissance et la vision des choses telles qu’elles sont, la vision des choses telles qu’elles sont a pour but le désenchantement, le désenchantement a pour but la Délivrance, la Délivrance a pour but la connaissance et vision de la Délivrance, la connaissance et vision de la Délivrance a pour but le complet Dénouement sans plus aucune saisie.

Les discours ont ce but, les instructions ont ce but, les supports ont ce but, l’écoute attentive a ce but :

 - La Délivrance de l’esprit sans plus aucune saisie.

 

Le sot fréquente l’indiscipliné, évite le discipliné, ne voit aucun mal a transgresser les règles, nourrit force mauvais desseins et ne protège pas ses facultés :

Son comportement contribue à sa dégradation.

Si le moine se satisfait d’une discipline parfaite, ne se consacre à aucune pratique et se contente de respecter la discipline sans s’efforcer d’aller plus loin, la discipline contribue à sa stagnation.

Quand un moine à la discipline parfaite s’exerce à la concentration, la discipline contribue à son excellence.

S’il ne se contente pas de sa discipline mais se consacre aussi au désenchantement, sa discipline contribue à la pénétration.

 

« La règle, Ânanda, veut que, au moment où le bodhisattva descend dans le sein maternel, sa mère ne pense pas aux hommes avec désir. »

Le Seigneur a dit :

 - « Ici, le moine reste sous le contrôle du code libérateur.

En possédant une bonne conduite et de bonnes fréquentations, en voyant avec crainte les plus petites fautes, il s’engage dans les points de l’entraînement et s’y exerce. »

Le Seigneur a dit :

 - « Quand il voit une apparence visible avec l’œil, il n’en saisit pas le signe principal ni les détails révélateurs qui permettraient la convoitise, l’insatisfaction ou d’autres agents mauvais ou pernicieux de l’envahir si la faculté oculaire restait incontrôlée.

Il s’engage dans ce contrôle, protège la faculté oculaire et se consacre au contrôle de la faculté oculaire.

Quand il entend un son avec l’oreille…

Quand il sent une odeur avec le nez…

Quand il goûte une saveur avec la langue…

Quand il sent un toucher avec le corps…

Quand il est conscient d’un élément connaissable avec l’esprit… il se consacre au contrôle de la faculté mentale. »

Il utilise le vêtement avec discernement, seulement pour résister au froid.

 

A - Le contrôle par le code libérateur.

« Le fils de la famille qui a quitté son foyer avec conviction parce qu’il regarde le mouvement continuel avec crainte, qu’il porte un vêtement fait de morceau cousus, … »

Le Seigneur a dit :

 - « Quels sont les endroits, moines, qui, fréquentés par le moine, constituent son domaine patrimonial ?

Ce sont les quatre vigilances.

Il s’engage dans les points de l’entraînement et s’y exerce.

 

B – Le contrôle des facultés.

Le confirmé Tissa le Grand vit les dents et maintint cette perception.

Debout, sur place, il atteignit l’Accomplissement.

« Je ne sais pas si une femme ou un homme est passé par ici, mais une collection de dents s’en va sur la grande route. »

 

C – La pureté du mode de subsistance.

Renoncer aux manières impropres d’assurer sa subsistance :

 - Celles qui transgressent les six points de l’entraînement.

Si pour sa subsistance, en vue de sa subsistance, ayant un mauvais désir, étant emporté par le désir, il se flatte à tort de détenir des pouvoirs surhumains, il commet une faute mortelle.

Si pour sa subsistance, en vue de sa subsistance, il sert d’intermédiaire, il commet une faute qui exigera que la communauté se réunisse.

Si pour sa subsistance, en vue de sa subsistance, il affirme que tel moine vivant dans le monastère est un Accompli, il commet une faute dont il doit reconnaître la gravité.

Si pour sa subsistance, en vue de sa subsistance, un moine mange sans être malade, une nourriture excellente qu’il a demandée spécialement pour lui, il commet une faute exigeant repentir.

Si pour sa subsistance, en vue de sa subsistance, une nonne mange, sans être malade, une nourriture excellente qu’elle a demandée spécialement pour elle, elle commet une faute exigeant confession.

Si pour sa subsistance, en vue de sa subsistance, un moine mange sans être malade, un curry ou un riz bouilli qu’il a demandé pour lui,  il commet une faute de conduite.

 

Que sont les tromperies ?

 - Préarranger – en refusant les soutiens, en faisant des allusions ou en composant sa posture - , toutes ces actions sont des tromperies imputables au moine qui nourrit un mauvais désir, qui est mû par un désir de gain, d’honneur ou de renommée.

Que sont les belles paroles ?

 - Prendre les devants, bien parler, amadouer, flatter, circonvenir, mettre en relief, enjôler, parler obséquieusement, parler soupe de haricots et cajoler : autant de belles paroles imputables au moine qui nourrit un mauvais désir, qui est mû par un désir de gain, d’honneur ou de renommée.

Que sont les incitations ?

 - Inciter, indiquer, explicité, suggérer, sous-entendre et tourner autour du pot : autant d’indications imputables au moine qui nourrit un mauvais désir, qui est mû par un désir de gain, d’honneur ou de renommée.

Que sont les pressions,

 - Injurier, dénigrer, critiquer, rabrouer, railler, reprocher, colporter des blâmes, parler par derrière : toutes ces paroles représentent des pressions de la part du moine qui nourrit un mauvais désir, qui est mû par un désir de gain, d’honneur ou de renommée.

En quoi consiste la recherche d’un gain par un gain ?

 - Ce moine qui nourrit un mauvais désir, qui est mû par un désir de gain, d’honneurs ou de renommée, emporte là-bas ce qu’il a gagné ici  ou apporte ici ce qu’il a gagné là-bas.

Chercher un bien matériel au moyen d’un autre bien matériel, toutes ces actions consistent à rechercher un gain par un gain.

 

Le moine leur dit :

 - « Il faut trois choses pour qu’un fils de la famille, confiant, acquière de grands mérites :

 - Il faut de la confiance, il faut quelque chose à donner, et il faut des récipiendaires pour qu’un fils de la famille, confiant, acquière des mérites.

Vous avez la confiance et vous avez quelque chose à donner que je peux accepter.

Si je ne l’acceptais pas, vous seriez privés de mérite.

Bien que ce ne soit pas mon intérêt, je l’accepte, mais seulement par compassion pour vous. »

 

D – Utilisation des soutiens.

 - « Se passer de quatre ou cinq bouchées avant de boire de l’eau suffit au moine résolu pour vivre confortablement. »

 

Les différences entre les disciplines de la quatrième tétrade.

 - La poule couve ses œufs, le yack protège sa queue, l’homme prend soin de son fils chéri ou de son œil unique.

Vous de même, veillez constamment sur votre discipline, chérissez-la et respectez-la toujours. »

 - « De même, grand roi, mes disciples ne transgressent jamais un point de l’entraînement que je leur ai prescrit, même au prix de leur vie. »

Un fils de la famille, confiant, doit donc épurer son observance du code libérateur, même au prix de sa vie, prescrite par le Sauveur du monde.

 - « Contre le visible, l’audible, le sapide, l’odorant et le tangible, protège tes facultés.

Si les portes sont béantes, mal gardées, les pillards attaquent le village. »

 - « La pluie transperce la maison mal couverte.

La passion s’empare de l’esprit mal exercé. 

La pluie ne pénètre pas dans une maison bien couverte.

La passion ne s’empare pas d’un esprit bien exercé. »

 

Le confirmé Vangisa supplia Ânanda :

 - « Je brûle de passion sensorielle et mon esprit se consume.

Dis-moi, Gotama, par pitié, comment je peux l’éteindre.

 - Ton esprit brûle d’une mauvaise perception.

Rejette le signe de la beauté auquel la passion s’associe, concentre ton esprit, focalise-le sur la laideur et vois que les créations sont étrangères, désagréables, sans moi autonome.

Eteins de la sorte la grande passion et cesse enfin de brûler. »

 

Que le fils de la famille qui cherche son intérêt ne s’agite pas comme le singe dans la forêt, le chevreuil dans les bois, ou le jeune sot qui folâtre.

Que son regard ne s’égare pas.

Qu’il garde les yeux baissés en regardant le sol à la distance d’un joug sans tomber sous le pouvoir de l’esprit qui gambade comme un singe dans les bois. 

Par conséquent, que les nobles fils de la famille qui sont entrés dans l’enseignement gardent un parfait contrôle de leurs facultés à l’instar de Mitta le confirmé !

 

Sâriputta expliqua ensuite à Mahâmoggallâna :

 - « Mon ami, nous ne devons pas consommer le riz donné à la suite d’une incitation verbale, dussent nos boyaux sortir et courir sur le sol.

Et il s’écria :

  - « Si j’avais mangé le miel et le riz donnés à la suite d’une incitation verbale, mon mode de subsistance aurait été répréhensible.

Quand bien même mes intestins sortiraient et courraient sur le sol, je ne souillerai pas mon mode de subsistance.

Plutôt perdre la vie ! »

 - « Je cultive mon état d’être, j’évite toute mauvaise quête, jamais je ne quêterai comme le Bouddha l’a réprouvé ! »

Le confirmé Tissa le grand de Ciragumba :

 - « Que l’ascète attentif qui a quitté son foyer avec confiance purifie son mode de subsistance sans même envisager de mauvaise quêtes. »

 

Il est dit :

 - « Bouchées, monastère, vêtement et eau qui emporte les taches de la sanghâti :

 - Le disciple sagace qui a entendu le Dhamma enseigné par le Bien-allé doit en faire usage avec discernement.

Le moine n’est pas plus souillé par les bouchées, le vêtement et l’eau qui emporte les taches de la sanghâti que le lotus par la goutte d’eau.

Qu’il connaisse toujours la mesure lorsqu’il mâche, mange et savoure ce qu’il a reçu d’autrui en temps licite, tel un baume sur une blessure.

La nourriture équivaut à la chair de son propre fils dans le désert, à la graisse sur l’essieu.

Qu’il la mange donc pour subsister, sans illusion. »

Histoire du novice Sangharakkhita le neveu :

 - « Je mangeais mon riz bien refroidi.

Mon précepteur me dit :

 - Ne te brûle pas la langue, novice, par manque de perception.

J’entendis la parole de mon précepteur et fus saisi par l’urgence. 

En une seule séance, assis, j’atteignis l’Accomplissement.

Mon dessein s’est réalisé comme la lune du quinzième jour :

 - Toutes les infections sont détruites, il n’y aura pas de nouvelles existences. »

Ceux qui aspirent à détruire le désagrément doivent donc utiliser les soutiens en les examinant judicieusement. 

Ainsi s’achève l’exposé des différences entre les quatre puretés-disciplines.

 

Il est dit de la discipline des moines pleinement ordonnés :

 - « Neuf mille myriades, quatre-vingt centaines de myriades, cinquante centaines de myriades, ou trente-six, ou autrement encore :

 - Le Parfait Bouddha enseigna toutes ces formes d’éducation au contrôle.

L’entraînement au contrôle par l’éducation est désigné par le mot et cetera. »

Telle était la discipline du confirmé Tissa le Grand, le mangeur de mangue qui résidait à Ciragumba :

 - « Que l’homme renonce aux richesses pour conserver l’intégrité de ses membres !

Qu’il renonce à ses membres si cela protège sa vie !

Qu’il renonce à tout, richesses, membres et vie, pour se conformer au Dhamma ! »

 - « Ton père ni ta mère, ton proche ni ton confrère ne pourraient faire pour toi autant que la discipline. »

Reconnaissant l’urgence de la situation et se livrant à un examen judicieux, c’est juché sur le dos d’un homme qu’il atteignit l’Accomplissement.

 

Sangharakkhita le Neveu atteignit l’Accomplissement de la même façon alors qu’il avait cinquante ans.

 - « S’il a beaucoup entendu et s’il est bien concentré sur ses disciplines ;  on le loue pour sa discipline et son érudition.

Qui pourrait blâmer les disciples du Bouddha, semblable à une pépite d’or de la rivière Jambû, qui a beaucoup entendu, qui détient le Dhamma et jouit de la sagacité ? »

 

Le confirmé Tissa fils de Kutumbiya :

 - « Je vais immobiliser mes deux jambes en les brisant devant vous, car je crains la honte de mourir en possédant un reste d’attachement. 

Avec cette intention, j’examinai judicieusement les créations et j’atteignis l’Accomplissement quand apparut l’aurore. »

Un grand confirmé malade, au point de ne plus pouvoir se nourrir seul :

 - « Je suis atteint par la maladie, violemment attaqué par le mal.

Cette carcasse flétrira vite, telle une fleur dans la poussière ardente.

Les sots la trouve noble alors qu’elle est vile, pure alors qu’elle est impure, et ne voient pas qu’elle est remplie d’immondices.

Ils s’attachent, insouciants, à cette misère puante, impure, maladive, et délaissent le chemin des bonnes destinées.

Soyez sagaces. »

 

 - « L’indiscipline ne renonce pas aux agréments sensoriels qui amènent une douleur plus intense que la brûlure d’un grand brasier :

 - Comment pourrait-elle être agréable ?

Quel agrément aurait l’indiscipline qui se perd dans le plaisir des paroles respectueuses ?

Elle cause une douleur plus terrible qu’une corde de crin serrée.

Quel agrément aurait l’indiscipline qui se complaît aux salutations mains jointes des croyants ?

Elle provoque une douleur plus grande qu’un coup d’épée.

Quel agrément aurait l’usage incontrôlé des vêtements ?

Celui de longtemps souffrir, dans les enfers, de la cotte de fer embrasée ?

Même sucrée, la nourriture est un poison violent pour l’indiscipliné :

 - Il devra ingurgiter à maintes reprises la balle de fer brûlante.

Le logement agréable constitue un désagrément pour l’indiscipliné, car il le lie pour longtemps au lit et au siège de fer incandescents.

Quel plaisir l’indiscipliné trouve-t-il au monastère offert avec confiance puisqu’il devra se loger dans le chaudron de fer brûlant ?

Avec sa conduite incertaine, il est perverti, dissolu, mauvais, corrompu en dedans :

 - Voilà comment le Maître du monde le blâme.

Malheur à l’inconscient qui porte la robe des ascètes sans pratiquer l’ascèse :

 - Sa vie est ruinée, il court à sa perte.

On ne se pare pas d’excréments ni de cadavres ;

Que vaut-il, celui que fuient les moines paisibles et disciplinés ?

Il est délivré du bonheur de l’Accomplissement !

Mais pas des craintes !

La porte du ciel lui étant fermée, il marche à sa perdition.

Nul n’est plus un objet de pitié, pour les miséricordieux, que l’homme qui manque de discipline.

Que l’indiscipline a donc de défauts ! »

 

De plus :

 - « Quitter le foyer est fructueux si la discipline est sans tache :

On porte le bol et la robe sereinement.

Le moine discipliné ne craint pas les regrets :

 - Leur ombre n’obscurcit pas le soleil de son cœur.

Il éclaire le Bois de l’Ascèse par la perfection de sa discipline comme la lune illumine de son éclat le firmament.

Si la senteur d’un moine discipliné rend joyeux les dieux eux-mêmes, que dire du parfum de sa discipline ?

De toutes les fragrances elle est la plus parfaite, elle qui se répand sans obstacles dans les dix directions.

Les actions envers un moine discipliné, mêmes petites, ont de grands effets, car il constitue un digne réceptacle pour les offrandes et la vénération.

Le moine discipliné n’est pas corrompu par les infections de ce monde, il arrache au contraire la racine des malheurs futurs.

Réussir chez les hommes, triompher chez les dieux, cela n’est pas difficile si le discipliné le veut ;

Mais il pense à la Paix ultime et ne recherche que la perfection du Dénouement.

La discipline constitue la racine de tous les succès, dit le Sage ;

Que ses nombreux avantages soient clairs ! »

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