2 - LES MOYENS RIGOUREUX.

 

Chapitre 2

LES MOYENS RIGOUREUX.

 

Le Seigneur a permis treize moyens rigoureux aux fils de la famille qui renoncent aux biens matériels, ni ne s’inquiètent ni de leur corps ni de leur vie, et qui veulent rester dans le droit fil de leur pratique :

 - Se vêtir de rebuts, n’avoir que trois robes, se nourrir d’aumônes, aller continûment, manger en une session, manger dans le bol, ne pas manger après, demeurer dans la forêt, demeurer au pied d’un arbre, demeurer en plein air, demeurer dans un cimetière, demeurer à l’endroit prescrit et rester assis.

Il faut déterminer le sens et les caractéristiques des moyens rigoureux, l’engagement et les dispositions, les degrés, les ruptures et les avantages, la triade du bénéfique et les distinctions, les regroupements et la répartition.

Pour le moine rigoureux qui s’y adonne,  toutes ces règles constituent des moyens d’ébranler les souillures.

 

Les Caractéristiques Des Moyens Rigoureux.

 - « L’individu s’engage à fond.

Il s’engage avec son état d’être et son psychisme.

Son intention de s’engager constitue le moyen rigoureux, le moyen de rejeter le support des souillures. »

 

Les Engagements.

Il fallait s’engager dans les moyens rigoureux en présence du Seigneur tant que celui-ci était vivant, et en présence d’un grand Disciple après le complet Dénouement du Seigneur.

S’il n’y a plus de grand Disciple, il faut s’engager en présence d’un moine qui a détruit les infections …

S’il n’en existe pas non plus, le moine doit balayer le sol devant le monument et s’accroupir pour prendre l’engagement comme s’il parlait en présence du parfait Bouddha.

Ici s’achève l’exposé commun à tous les moyens rigoureux.

 

Se Vêtir De Rebuts.

L’ascète qui s’habille de rebuts pour vaincre l’armée du Malin resplendit comme un guerrier en armure sur le champ de bataille.

Qui ne revêtirait, délaissant les riches atours de Kâsi, les rebuts que porta le Maître du monde ?

Que le moine se remémore ses vœux et se satisfasse des rebuts :

 - Ils vont dans le sens de son effort.

 

N’Avoir Que Trois Robres.

« Je refuserai désormais un quatrième vêtement.

Je m’engage à n’avoir que trois robes. »

Ayant éliminé tout désir pour des robes supplémentaires, le Sage évite d’accumuler.

En ne portant que trois robes, le yogi jouit de la savuer agréable du contentement.

Le bon yogi va avec son vêtement comme l’oiseau avec ses ailes.

Désireux de vaquer agréablement, il prend plaisir à limiter son vêtement.

 

Se Nourrir D’Aumônes.

 - Je refuserai désormais de trop recevoir.

Je m’engage à me nourrir d’aumônes. »

Ne pas vivre de l’effort d’autrui.

L’ascète arpente les quatre directions en se contentant des morceaux reçus.

Il ne vit pas de l’effort d’autrui et supprime toute activité pour les aliments.

Que le savant ne sous-estime pas la mendicité qui élimine le laisser-aller et purifie le mode de subsistance !

Les dieux eux-mêmes envient le Sage qui ne tient pas au gain ni à la renommée, qui se nourrit d’aumônes, est autosuffisant, et que personne n’entretient.

 

Aller Continûment.

 - « Je refuserai désormais de me conduire avec avidité.

Je m’engage à aller continûment. »

Le moine qui « va continûment » est semblable à la lune, il reste toujours neuf aux yeux des familles, ne refuse pas de partager et compatit également avec tous, car il ne connaît pas l’inconvénient de dépendre d’une famille.

Que le Sage élimine toute conduite d’avidité, qu’il « aille continûment »  les yeux baissés, en regardant le sol à la distance d’un joug, et qu’il aspire à une totale liberté d’action sur cette terre.

 

Manger En Une Session.

 - « Je refuserai désormais de manger en plusieurs sessions ;

Je m’engage à manger en une seule session. »

Le confirmé Cûlâbhaya, maître des Trois Corbeilles, a dit :

 - « On peut garder soit la position assise soit son repas.

Que celui qui n’a pas fini son repas présente donc ses devoirs et ne termine pas son repas. »

L’ascète qui se contente d’un seul repas n’est pas indisposé, il n’est pas avide de saveurs et ne délaisse pas sa tâche.

Que l’ascète à l’esprit pur soit satisfait de prendre un seul repas ;

C’est une cause de bien-être et une joie de l’austérité pure.

 

Manger Dans Le Bol.

 - « Je refuserai désormais un second récipient.

Je m’engage à manger dans le bol. »

Celui qui « Mange dans le bol » est le seul à pouvoir absorber les aliments en gardant le regard baissé, sans se disperser entre plusieurs récipients.

Il suit cette bonne règle qui extirpe le désir de saveurs et trouve sa joie à conforter cette belle satisfaction.

Ne Pas Manger Après.

 - « Je refuserai désormais tout excès de nourriture.

Je m’engage à ne pas manger après. »

Le Sage ne se fatigue pas à chercher la nourriture et ne l’accumulez pas.

Le yogi qui « ne mange pas après » «élimine les douleurs d’estomac.

S’il veut chasser les défauts, il doit utiliser ce moyen rigoureux que recommande le Bien-allé pour accroître les qualités dont le contentement de peu est la première.

 

Demeurer Dans La Forêt.

« Je refuserai désormais tout logement aux confins d’un village.

Je m’engage à rester dans la forêt. »

Selon l’Abhidhamma, « tout ce qui se trouve à l’extérieur du pilier d’entrée fait partie de la « forêt ».

Mais les Suttantikas la définissent ainsi : « Au-delà de cinq cent arces, tout logement est forestier. »

Le Maître est satisfait de lui comme il l’a dit :

 - « Ainsi, Nâgita, je suis satisfait de ce moine qui demeure dans la forêt. »

Il réjouit le Sauveur en vivant seul dans les bois, sans fréquenter personne, et se satisfait d’un logement éloigné de tout.

Même les dieux qui entourent Inda ne connaissent pas l’agréable saveur que goûte l’ascète solitaire au milieu des bois.

Il s’habille de rebuts comme d’une armure, va au combat dans la forêt avec les armes des autres moyens rigoureux, et peut vaincre rapidement le Malin et son train.

 

Demeurer Au Pied D’un arbre.

 - « Je refuserai désormais un toit.

Je m’engage à demeurer au pied d’un arbre. »

Le Bouddha loue ce soutient, le suprême le conseille.

Où le solitaire trouverait-il meilleure résidence ?

Demeurer seul au pied d’un arbre est une bonne règle qui emporte les envies de logement.

Les divinités y protègent l’ascète.

Voir les jeunes feuilles, d’abord rougeâtres, devenir verts, jaunes puis tomber, cela écarte les perceptions de permanence.

Que le moine attentif ne sous-estime pas la solitude du pied des arbres :

 - C’est là que fructifie l’héritage du Bouddha.

 

Demeurer En Plein Air.

 - « Je refuserai désormais un toit et le Pied d’un Arbre.

Je m’engage à rester en plein air. »

Les récitants de l’Anguttara disent : - « Dans la mesure où il y est sciemment lorsque l’aurore se lève. »

« Les moines demeurent sans attachement et sans logis tels des gazelles. »

Le plein air, facile à trouver, convient à la vie sans foyer.

Le moine y est éclairé par la lune sous le firmament brillant d’étoiles ;

L’esprit semblable à celui de la gazelle, il repousse l’engourdissement, la torpeur, et prend plaisir à s’exercer.

Il peur promptement y jouir de la saveur de la solitude.

Que le Sage prenne donc plaisir à vivre en plein air.

 

Demeurer Dans Un Cimetière.

 - « Je refuserai désormais tout autre lieu qu’un cimetière.

Je m’engage à demeurer dans un cimetière. »

Le moyen est rompu lorsque le moine établit sa résidence ailleurs que dans cimetière.

Les récitants de l’Anguttara disent : « Quand il a passé un jour sans aller au cimetière. »

Le défaut de l’inattention n’affecte pas le moine qui demeure dans un cimetière, même quand il dort, car il pense à la mort.

Comme il contemple de nombreux cadavres, son esprit ne succombe pas aux attachements sensoriels.

Il a un sentiment de grande urgence, ne se laisse pas griser et produit de justes efforts quand il recherche l’Apaisement.

Il doit demeurer dans un cimetière pour acquérir de nombreuses qualités et incliner son cœur au Dénouement.

 

Demeurer à L’Endroit Prescrit.

 - « Je refuserai désormais toute avidité pour un logement.

Je m’engage à rester à l’endroit prescrit. »

Le moine prendre le logement qu’on lui indique : - « C’est celui-ci qui t’échoit » et s’en contentera sans en faire préparer un autre.

Telles sont les dispositions à respecter.

Mettre en pratique l’exhortation qu’il « faut se contenter de ce que l’on a. »

L’ascète qui demeure « à l’endroit prescrit » se contente de ce qu’il a :

 - Heureux, il ne s’inquiète pas de s’allonger sur une simple jonchée de paille.

Il ne s’attache pas au meilleur et ne s’irrite pas de recevoir le pire.

Il est sensible au bien-être de ses jeunes compagnons dans a vie sainte.

Que le Sage se consacre donc au plaisir de demeurer à l’endroit prescrit, cette conduite pure dont le Sage, ce Taureau, a fait l’éloge.

 

Rester Assis.

 - « Je refuserai désormais de me coucher.

Je m’engage à rester assis. »

L’ascète qui s’assied jambes croisées et corps droit met le cœur du Malin en émoi.

Il efface le plaisir de dormir et de somnoler, et renforce son énergie.

Le moine qui se plaît à « rester assis » illumine le Bois de l’Ascèse, il atteint un ravissement et une félicité dégagées des biens matériels.

Que le Sage se consacre donc pleinement à cette règle de « rester assis » !

Il convient de s’engager dans les qualités de la rigueur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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