3 - LA CONCENTRATION Chapitre 1 : L’apprentissage d’une pratique.

 

LA CONCENTRATION

Chapitre 1 : L’apprentissage d’une pratique.

Après avoir purifié sa discipline par le peu de désirs et les autres qualités que confère sa mise en œuvre des moyens rigoureux, le moine, ainsi affermi dans sa discipline, doit s’exercer à la concentration que les vers du chapitre 1 appellent « état d’être » :

 - « L’homme intelligent et ferme dans sa discipline, qui développe état d’être et sagacité… »

 

En Quoi Consiste La Concentration ?

Nous dirons seulement que la concentration qui nous intéresse ici consiste en une focalisation bénéfique de l’attention.

 

Que Signifie Le Mot Samâdhi, « concentration » ?

Il signifie samâdhâna ;

Recueillement au sens de diriger et fixer l’attention et le psychisme uniment et exactement sur un seul objet sans éparpillement ni dispersion.

 

Comment La Concentration Se Caractérise-t-elle ?

La concentration se caractérise par l’absence de dispersion ;

Elle a pour rôle d’éliminer la dispersion de l’esprit, elle se manifeste comme absence de vacillement et prend appui sur la félicité, car il est dit :

 - « C’est quand on est heureux que l’attention se concentre. »

En Combien De Concentrations Existe-t-il ?

La concentration est unique par son caractère de non-dispersion.

Mais elle se divise en deux comme proximité ou insertion, mondaine ou supramondaine, accompagnée de ravissement ou non, accompagnée de félicité ou de regard neutre.

En trois : Inférieure, moyenne ou supérieure.

En quatre : de progression difficile et de connaissance directe lente…

En cinq aspects qui font partie des facteurs des cinq jhânas …

 

 La concentration de proximité est la focalisation qui s’obtient par les six remémorations :

 - «  Par la vigilance à la mort, la remémoration de l’Apaisement, la perception du déplaisant dans les aliments ou la détermination des quatre éléments.

La concentration d’insertion est la focalisation qui suit immédiatement la préparation, car il est dit :

 - « La préparation du premier jhâna conditionne le premier jhâna en tant que condition d’immédiateté. »

 

La focalisation bénéfique de l’esprit dans les trois niveaux est mondaine, celle qui est associée aux chemins immaculés est supramondaine.

 

Qu’est-ce Qui Souille La Concentration ?

Qu’est-ce Qui La Purifie ?

Le Vibhanga répond :

 Celle qui contribue à la dégradation la souille.

- « Si les perceptions et les considérations qui accompagnent les plaisirs sensoriels envahissent un détenteur du premier jhâna, la sagacité contribue à la dégradation.

Celle qui contribue à l’excellence l’épure. »

  - « Si les perceptions et les considérations qui accompagnent l’absence de prise ferme envahissent le détenteur, la sagacité contribue à l’excellence. »

 

Comment S’exerce-t-on A La Concentration ?

Après avoir purifié les disciplines comme nous l’avons vu, et une fois affermi dans une discipline entièrement purifiée, le moine doit :…

 

1 : Surmonter les dix empêchements.

Résidence, famille, gains, classe, construction en cinquième, déplacement, proches, maladies, textes et réussites magiques.

Le visiteur chanta les louanges du confirmé avec admiration :

 - « Les êtres de votre carrure, seigneur, vivent partout comme s’ils se trouvaient dans la forêt.

Au parc Thûpa reposent les restes des quatre Bouddhas.

Il est bon d’entendre le Dhamma au Palais de Bronze, de voir le Grand Monument et de rendre visite aux confirmés.

Tout y est comme au temps du Bouddha car c’est là que vous résidez. »

 

Le confirmé Abhaya était probablement un Entré dans le courant :

 Plus tard, alors qu’il récitait le Dhamma dans le Palais de Bronze, on vint lui rapporter que le confirmé Dhammarakkhita avait atteint le complet Dénouement. Il s’exclama :

 - « Apportez le vêtement kasaya, mes amis.

Et il s’en couvrit.

Le chemin d’accomplissement seyait à mon instructeur, mes amis.

Mon instructeur était bien droit et bien né.

Il s’était assis sur une natte devant son élève dans le Dhamma et lui avait demandé :

 - Explique-moi une pratique.

Le chemin d’accomplissement était à portée de ce confirmé, mes amis. »

 

Approcher L’Ami De Bien Qui Donne Une Pratique.

La pratique comporte deux facettes : Pratique générale et pratique spéciale.

Pratique générale : La bienveillance, la remémoration de la mort et, ajoutent certains, la perception de la laideur.

Il se remémore la mort en pensant : « Je dois mourir, c’est inévitable. »

 

2 - L’Ami Du Bien.

L’ami du bien possède les qualités suivantes :

 - Il est aimable, respectable, estimable, parle et accepte le dialogue, son discours est profond et il n’incite pas sans raison.

 - « Les êtres, Ânanda, dont la nature est de naître se libèrent de la naissance en venant à moi, l’ami du bien. »

Les anciens confirmés ont dit par trois fois : « L’humble préservera. »

Pourquoi tant d’explications ?

Parce qu’il faut remplir tous les devoirs que le seigneur a décrits dans le Khandaka :

 - « L’élève doit avoir un comportement juste envers son instructeur, moines.

Voici les devoirs justes :

 - Se lever de bonne heure, retirer les sandales de son instructeur, arranger la toge sur son épaule, lui donner un cure-dents, lui apporter de l’eau pour se rincer la bouche, arranger son siège, et, s’il y a de la soupe de riz, laver le récipient et apporter la soupe de riz. »

 

3- Les Tempéraments.

L’Ussadakittana dit :

 - « Ce sont les causes antérieures qui confèrent aux êtres une dominante d’attachement, d’aversion, de confusion, de détachement, d’acceptation ou de lucidité. »

Nous avons demandé comment on reconnaissait tel ou tel tempérament.

 - Postures, actions, nourriture, façon de regarder…

Qualités et défauts différencient les tempéraments.

Le commentaire du Mâgandiyasutta dit :

 - « Le voluptueux laisse une empreinte concave, l’irritable un sillon, le confus est lourd, mais l’empreinte du voile-levé ressemble à celle-ci. »

Mais on retiendra pour essentielle la méthode qu’énoncent les commentaires :

 - « L’instructeur détenteur de la « connaissance qui sonde les esprits » reconnaît le tempérament de l’élève et lui enseigne la pratique qui convient.

Un autre l’interroge. »

 

4 - Les Quarante Pratiques.

Pour déterminer la pratique qui correspond à chaque tempérament, il faut commenter le début de la même phrase : « Apprendre celle des quarante pratiques… »

On définit la pratique en dix points : « Enumération, proximité et insertion, jhânas, dépassement, extension et non-extension, objet, niveau, saisie, conditions et tempérament.

Enumération des quarante pratiques : « Dix globalités, dix laideurs, dix remémorations, quatre attitudes saintes, quatre absorptions non physiques, une perception et une déterminations.

Dix globalités : Globalité de la terre, de l’eau, du feu, du vent, du bleu, du jaune, du rouge, du blanc, de la lumière et de l’espace délimité.

Dix laideurs : « Le cadavre gonflé, marbré de bleu, suppurant, sectionné, dévoré, éparpillé, coupé et éparpillé, sanguinolent, mangé par les vers, et les ossements.

Dix remémorations : « Remémoration du Bouddha, du Dhamma, de la Sangha, de la discipline, de la générosité, du divin et de la mort, vigilance qui parcourt le corps, vigilance à l’inspir-expir et remémoration de l’Apaisement.

Quatre attitudes saintes : « Bienveillance, pitié, joie et regard neutre.

Quatre absorptions non physiques : « Domaine de l’espace sans limite, domaine de la conscience sans limite, domaine du néant et domaine sans perception ni absence de perception.

 

La réponse à la question de Sopâka dit :

 - « La perception des aspects physique est vaste, Seigneur, la perception du squelette ne l’est pas. »

Et la phrase :

 - « J’imprégnerai toute la terre de la perception des squelettes. »

La phrase :

 - « Ayant imprégné une direction avec un état d’esprit bienveillant » explique comment procéder.

Le Meghiyasutta déclare :

 « Il faut particulièrement s’exercer à quatre choses :

 - Cultiver la perception de la laideur pour éliminer l’attachement, la bienveillance pour éliminer l’aversion, la vigilance à l’inspir-expir pour couper les pensées, et la perception du caractère temporaire pour détruire l’appréciation « Je suis ». »

Et le Râhulasutta :

 - « Cultive la bienveillance, Râhula… »

 

Le yogi a rencontré l’ami du bien qui donne une pratique.

Il doit s’en remettre à présent au Seigneur Bouddha – ou à son instructeur -, et lui demander une pratique en faisant montre d’une parfaite aspiration et d’une totale résolution.

Il doit s’en remettre ainsi au Seigneur Bouddha :

  - « Je vous abandonne ma vie, Seigneur. » S’il ne le faisait pas, il ne pourrait rester dans un logement isolé lorsqu’un objet terrifiant se présente dans son champ de conscience ;

Il s’enfuirait aux confins d’un village, fréquenterait les laïcs et se livrerait aux mauvaises quêtes ;

Il irait ainsi à sa perdition.

Mais s’il s’abandonne, il ne craint rien ;

Il réfléchit :

 - « O Sage, ne t’en est tu pas remis aux Bouddhas ? » Et il se réjouit.

 

S’il s’en remet à un instructeur, il doit dire de même :

 - « Je vous abandonne ma vie, Seigneur. » S’il ne le faisait pas, il serait ingouvernable.

L’instructeur ne pourrait pas lui parler et l’instruire facilement, il ne prendrait pas la responsabilité matérielle ni spirituelle d’un élève qui irait comme il veut, où il veut, sans rien demander, et il ne lui proposerait pas d’étudier les textes profonds.

Or le moine qui ne bénéficie pas de cette double prise en charge ne peut pas s’affirmer dans l’enseignement, et il ne lui faut pas longtemps pour tomber dans l’indiscipline et retourner à la vie laïque.

 

Les élèves du confirmé Cûlapindapâtika-Tissa en sont tous un bon exemple.

On raconte que ces trois moines vinrent voir le confirmé.

L’un d’eux lui déclara :

 - « Si l’on dit que c’est dans votre intérêt, seigneur, je sauterai d’une falaise de cent toises. »

Un autre :

 - « Si l’on dit que c’est dans votre intérêt, seigneur, je me laisserai écrasé sous une meule de pierre à partir des talons jusqu’à ce qu’il ne reste rien de moi. »

Et le troisième :

 - « Si l’in dit que c’est dans votre intérêt, seigneur, je me laisserai mourir en bloquant ma respiration. »

Le confirmé pensa que ces moines avaient de grandes capacités et leur enseigna une pratique.

Ils s’établirent dans ses instructions et atteignirent l’Accomplissement tous les trois.

Tel est l’avantage que présente l’abandon.

Voilà pourquoi nous avons dit que le yogi devait s’en remettre au Bouddha ou à son instructeur.

 

Il est dit :

 - « Six aspirations mènent à la plénitude de la Réalisation des bodhisattas.

En aspirant au détachement, les bodhisattas voient les défauts de l’attachement.

En aspirant à l’acceptation les bodhisattas voient les défauts de l’aversion.

En aspirant à la lucidité, les bodhisattas voient les défauts de la confusion.

En aspirant au renoncement, les bodhisattas voient les défauts de la vie au foyer.

En aspirant à la solitude, les bodhisattas voient les défauts de la vie en groupe.

En aspirant à s’échapper, les bodhisattas voient les défauts de toutes les existences et destinées. »

 

Avec une totale résolution.

Le moine doit s’exercer en étant résolu à l’acquisition de la concentration, en attachant de l’importance à la concentration, et y tendant ;

En étant résolu à l’acquisition du Dénouement, en attachant de l’importance au Dénouement, en y tendant.

 

Un autre instructeur posera des questions :

  - « de quel tempérament es-tu ?

Quels défauts et quelles qualités se manifestent le plus souvent en toi ?

Qu’aimes-tu considérer ?

Vers quelle pratique incline ton esprit ? »…

 

Quand on lui explique une pratique, le yogi doit écouter et apprendre les caractéristiques.

 

Chapitre 4 : La globalité de la terre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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