4 – LA GLOBALITE DE LA TERRE.
4 – LA
GLOBALITE DE LA TERRE.
- « Eviter les monastères qui ne
conviennent pas à l’exercice de la concentration et choisir un monastère qui
s’y prête. »
Aussi longtemps qu’il aura besoin de clarifier
l’objet de la pratique, le moine logera dans le monastère de son
instructeur ; pour autant qu’il s’y sente à l’aise.
Les commentaires
déclarent :
- Grande demeure, demeure neuve, demeure
vétuste et route, réservoir, feuilles, fleurs, fruits et haut lieu, ville bois,
champs, antagonisme et port, confins lointains, frontières, impropriétés,
absence de tout ami :
- voilà les dix-huit points.
Le savant les connaît
et s’en tient éloigné comme d’un chemin périlleux. »
Le monastère adéquat
a cinq qualités, le Seigneur a dit :
- « Quelles sont les qualités que doit
avoir un logement, moines ?
Voici, moines.
Ce logement n’est ni
trop éloigné ni trop proche du village, et il possède un chemin d’accès.
Il est peu fréquenté
le jour, on y entend peu de bruits et de voix la nuit.
On n’y souffre pas
des taons, des mouches, du vent, de la fournaise ni des reptiles.
Qui demeure en ce
logement obtient sans peine les équipements (Vêtement, nourriture, logement et
médicaments).
Les moines confirmés
qui résident dans ce logement ont beaucoup entendu, sont versés dans les textes
et portent le Dhamma, le Vinaya et les Mâtikâ.
A celui qui va les
voir de temps à autre, qui les interroge et leur demande :
- « Comment est ceci, Seigneur ?
Quel est le sens de
cela ? », Ces vénérables révèlent ce qui n’était pas révélé, éclaircissent
ce qui n’était pas clair et dissipent les doutes concernant les point
équivoques.
Telles sont, moines,
les cinq qualités que doit avoir un logement. »
S’Exercer Sans
Négliger Aucune Des dispositions De L’Exercice.
Il est dit :
- « En apprenant la globalité de la
terre, il saisit le signe de la terre dans un objet fabriqué, ou dans une
étendue naturelle, qui soit borné et non sans borne, fini et non infini,
circonscrit et non incirconscrit, limité et non illimité, et qui ait la
dimension d’une corbeille ou d’un écuelle.
Il saisit bien le
signe, il le considère bien et le détermine bien.
Il voit les avantages
de ce signe qu’il a bien saisi, bien considéré et bien déterminé, il en connaît
la valeur, a le signe en estime et fixe son attention sur cet objet qu’il
apprécie ainsi :
- « Voici la voie qui me délivrera du
vieillissement et de la mort », et « C’est seulement en s’isolant du
sensoriel… qu’il accède au premier jhâna et qu’il y demeure. »
Il admirera la
voie :
- « Voici la voie du renoncement qu’ont
suivie tous les Bouddhas, les Bouddhas individuels et les Disciples
immaculés. »
Et il se
stimulera :
- « C’est assurément par cette voie que
je goûterai l’agéable saveur de la solitude. »
Il s’exercera en s’en
tenant à l’appellation terre, car elle est plus naturelle :
- « Terre, terre… »
La Concentration De
Proximité.
Il faut préserver le signe avec grand soin,
comme s’il s’agissait de l’embryon d’un futur empereur :
- « Bien protégé, le signe ne sera pas
perdu.
Mais il sera détruit,
chaque fois qu’on l’obtiendra, s’il n’est pas préservé. »
Voici comment
^réserver le signe :
- « Résidence, fréquentation, paroles,
individu, nourriture, climat et posture :
- Rejette les sept défavorables et conserve
les sept favorables.
Si tu procèdes ainsi,
il ne faudra pas longtemps pour qu’advienne l’insertion. »
L’Art De L’Insertion.
Il est dit :
- « Le Seigneur a déclaré que la
vigilance était partout nécessaire.
Pourquoi ?
Parce qu’elle est un
refuge pour l’esprit, qu’elle se manifeste en le protégeant et qu’on ne peut
ressaisir ni relâcher l’esprit sans vigilance. »
Le Seigneur a
dit :
- « Si l’homme qui désire attiser un feu
chétif, moines, y jette des herbes mouillées, des bouses mouillées et des
brindilles mouillées, s’il l’arrose d’eau et s’il l’étouffe avec de la
poussière, peut-il attiser ce feu chétif, moines ?
- Certes non, Seigneur !
De la même façon,
moines, lorsque l’esprit est indolent, ce n’est pas le moment de cultiver le
facteur de réalisation tranquillité, le facteur de réalisation concentration ou
de regard neutre.
Pour quelle
raison ?
Parce que l’esprit
est indolent, moines, et que ces facteurs ne le revigore pas.
Lorsque l’esprit est
indolent, moines, c’est le moment de cultiver le facteur de réalisation examen
des agents, le facteur de réalisation vigueur, ou ravissement. »
- « Il y a des agents bénéfiques et des
agents pernicieux, moines, des agents blâmables et louables, inférieurs et
supérieurs, sombres, clairs ou mélangés.
La considération
abondante et judicieuse de ces agents constitue l’aliment qui nourrit
l’apparition du facteur réalisation examen des agents. »
- « Il y a l’élément initial, moines,
l’élément émergeant et persévérant qui constituent l’apparition du facteur de
réalisation vigueur. »
Le Seigneur a
dit :
- « Si l’homme qui veut éteindre un
grand incendie, moines, y jette des herbes sèches… s’il ne l’étouffe pas avec
de la poussière, peut-il éteindre ce grand incendie, moines ?
- Certes non, Seigneur. »
- « Il y a la tranquillité de la
collection et la tranquillité de l’état d’être, moines.
La considération
abondante et judicieuse de ces tranquillités constituent l’aliment qui nourrit
l’apparition du facteur réalisation tranquillité. »
La remémoration des
qualités du Bouddha, du Dhamma et du la Sangha renforce la confiance.
Voilà comment on
pratique l’art décuple de l’insertion :
- En pratiquant bien l’art de l’insertion,
celui-ci se produira dans le signe obtenu.
Si elle ne se produit
pas lorsqu’il procède ainsi, le sage ne devra pas relâcher son effort, mais
persister.
Car le jeune sot qui
abandonne l’effort juste ne pourrait atteindre aucune excellent, même limitée.
Que le perspicace
examine comment opère l’esprit !
Qu’il conjugue
constamment la régularité et la vigueur !
Qu’il ressaisisse
l’esprit un tant soit peu lambin !
Qu’il le refrène s’il
s’emballe !
Que son allure reste
régulière !
La Régulation De
L’Energie.
Qu’il amène l’esprit
sur le signe et le délivre constamment des états d’indolence et d’agitation à
l’instar de l’abeille qui cherche du pollen, et selon les exemples de la
feuille de lotus, du fil, du navire et du tube.
ATTEINDRE LE PREMIER JHÂNA.
Mais le confirmé Godatta, maître de
l’Abhidhamma, citait le sutta :
- « Les bénéfiques antérieurs
conditionnent les bénéfiques postérieurs en tant que condition de
répétition. »
Le Premier Jhâna.
- « C’est seulement en s’isolant du
sensoriel, en s’isolant des agnets pernicieux, qu’il accède a premier jhâna –
lequel comporte prise ferme et application soutenue et consiste en un
ravissement félicité né de l’isolement – et qu’il y demeure. »
Le Sensoriel.
Le sensoriel désigne
aussi bien les objets sensoriels dont parle le Niddesa :
- « Quels sont les objets sensoriels
plaisants et chéris ? » que les souillures sensorielles énumérées
dans le Vibhanga :
- « Elan sensoriel, passion sensorielles,
élan passionné sensoriel, imagination sensorielle : - tout cela s’appelle
« sensoriel. »
Ravissement Félicité
Né De L’Isolement.
On raconte que le
confirmé Tissa le Grand de Punnavalika était allé, un soir de pleine lune, sur
l’esplanade du monument de son monastère.
Il vit le clair de
lune et regarda dans la direction du grand monument en pensant :
- « A cette heure-ci, les quatre
assemblées honorent le grand monument. »
Ce ravissement
engendra chez lui un ravissement spontané, de type exaltant, dont le Bouddha
était l’objet.
Le confirmé s’éleva
dans le ciel comme un ballon bariolé qui rebondit sur un sol cimenté, et
retomba sur l’esplanade du grand monument.
On rapporte aussi
qu’un ravissement exaltant dont le Bouddha était le puissant objet fit bondir
dans le ciel une fille de bonne famille
qui habitait dans le village de Vattakâlaka dont dépend le monastère de
Girigandaka...
Elle entendit la
communauté des moines psalmodier en chœur.
Elle pensa :
- « Qu’ils sont heureux, ceux qui peuvent
aller au monastère, se réunir autour d’un tel monument et entendre un
enseignement si doux ! »
Si l’esprit est
attiré par des objets variés à cause de l’élan sensoriel, il ne se concentre
pas sur l’objet unique de la pratique.
Le jhâna est bon au
début, bon au milieu, bon à la fin.
Voici la citation
canonique :
- « La purification de l’entrée dans le
premier jhâna représente le début, l’intensification du jhâna au moyen du
regard neutre constitue le milieu, et l’exultation représente
l’aboutissement. »
On lit dans le
Canon :
- « L’esprit unifié bondit par l’entrée
purifiée, le regard neutre intensifie l’état d’être, et la connaissance cause
l’exultation. »
Le regard neutre
clarifie la connaissance.
Il est dit :
- « On observe intégralement et de façon
neutre l’esprit qui s’est ressaisi.
La sagacité issue du
regard neutre amène la faculté de sagacité à son paroxysme.
Le regard neutre
délivre l’esprit de ses multiples souillures.
La sagacité due à la
délivrance pousse la faculté de sagacité à son paroxysme.
Les agents ont pour
seule fonction de délivrer, on les cultive à cette fin. »
Globalité De La
Terre.
Le disque en terre
s’appelle « globalité de la terre » dans le sens de totalité.
Une fois le jhâna
obtenu, le yogi doit noter les circonstances de son apparition.
Lorsqu’un habile
archer réussit à percer un crin, il observe comment ses pieds, l’arc, la corde,
et la flèche sont disposées.
En reprenant les
mêmes repères, il pourra percer le crin de nouveau sans risque d’échec.
Le Seigneur a
dit :
- « Moines, un cuisinier expérimenté,
habile et sage présente au roi plusieurs sauces parmi les meilleures :
acides, amères, sucrées, poivrées, salées ou pas.
Ce cuisinier
expérimenté, habile et sage saisit le signe des goûts de son maître :
- « Telle sauce plaît à mon maître
aujourd’hui : elle l’attire, il en prend beaucoup, il en fait
l’éloge. »
Les anciens
disaient : - « Chasse l’élan sensoriel, l »aversion,
l’agitation, la torpeur et l’incertitude, et jouis de l’esprit qui profite de
l’isolement comme un roi de son jardin bien tenu. »
Le yogi agrandit
mentalement le signe : d’un doigt puis de deux …Il étend toujours le signe
en le délimitant, jusqu’au cercle qui limite le monde, et même au-delà.
- « Moines, le moine stupide,
inexpérimenté, ignorant du terrain et peinant à accéder au premier jhâna en
étant isolé du sensoriel…et à y demeurer ne se consacre pas au signe, ne le
développe pas, ne le pratique pas, ne l’établit pas solidement. »
ATTEINDRE LE DEUXIEME
JHÂNA
- « Cette absorption est menacée par la
proximité des obstacles, et ses facteurs sont faibles car la prise ferme et
l’application soutenue par des facteurs grossiers. »
Le Vibhanga dit
cependant :
- « Le jhâna
consiste en assurance sereine, ravissement, félicité et concentration. »
ATTEINDRE LE
TROISIEME JHÂNA.
En se détachant du
ravissement, il maintient un regard neutre.
Vigilant, et
pleinement conscient, il ressent physiquement le bonheur et accède à ce
troisième jhâna à propos duquel les
Immaculés déclarent : - « Il reste neutre et vigilant dans le bonheur
et il y demeure. »
Le regard neutre
consiste à regarder l’objet dès son apparition, et à en avoir une vision
uniforme, dépourvue de parti pris.
Le yogi maintient un
regard neutre dans le troisième jhâna ;
Cette qualité y est
nette, forte et solide.
Ici, le moine qui a
détruit les infections et qui voit une apparence avec l’œil n’en est ni
satisfait ni insatisfait ;
Il maintient le
regard neutre, la vigilance et la pleine conscience.
Il considère de temps
à autre le signe de la neutralité.
Cette modération, qui
désigne une vigueur ni trop forte ni trop faible, est la vigueur équilibrée.
Les créations sont
temporaires, désagréables et dépourvues de moi autonome.
Ce désintérêt n’est
autre que le regard neutre de la supravoyance.
La vigilance consiste
à ne pas oublier, la plein conscience à être totalement lucide.
Les Immaculés
déclarent :
- « Il reste neutre et vigilant dans le
bonheur. »
Les Bouddhas
déclarent, montrent, indiquent, exposent, dévoilent, expliquent, louent. »
Le Vibhanga décrit
directement le jhâna avec tout son équipement :
- « Le jhâna consiste en regard neutre,
vigilance, pleine conscience, félicité et focalisation de l’esprit. »
Quels sont les deux
facteurs du Jhâna ? :
- « Ce sont la félicité et la
focalisation de l’esprit. »
ATTEINDRE LE
QUATRIEME JHÂNA ;
Par l’élimination du
plaisir et de la douleur, par la disparition des satisfactions et
insatisfactions, il accède au quatrième jhâna, ni désagréable ni agréable, qui
consiste en pureté de la vigilance par le regard neutre, et il y demeure.
- « Où la faculté de douleur apparue est-elle
totalement paralysée ?
Ici, moines, c’est
seulement en étant isolé du sensoriel que le moine…accède au premier jhâna et y
demeure.
C’est là qu’est
totalement paralysée la faculté de douleur qui était apparue.
Où la faculté
d’insatisfaction, de plaisir … ?
Ici moines, par
l’élimination du plaisir… le moine accède au quatrième jhâna et y demeure.
C’est là qu’est
totalement paralysée la faculté de satisfaction qui était apparue. »
Il est dit :
- « L’absorption dans la délivrance
spirituelle ni désagréable ni agréable dépend de quatre conditions, mon ami,
« Par l’élimination du plaisir… »
Le Vibhanga
dit :
- « La vigilance est clarifiée par le
regard neutre, bien purifiée, bien nettoyée ;
C’est pourquoi on
parle de la pureté de la vigilance du regard neutre. »
- « Terre, terre. »
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